PRÉSENCE HUMANOÏDENewsletter de référence sur la robotique et l’intelligence artificielle
Plusieurs morphologies de robots humanoïdes réunies dans un vaste hall industriel
Image éditoriale originale générée par IA. Elle ne représente pas les 7 000 unités recensées.
MARCHÉ MONDIAL · HUMANOÏDES · IFR

7 000 humanoïdes vendus en 2025 : le premier vrai chiffre du marché

Le marché existe enfin dans les statistiques. Mais une machine livrée n’est pas forcément un travailleur autonome.

21 septembre 2026 · 26 min de lecture

Pour la première fois, le marché des humanoïdes possède un chiffre mondial qui ne vient pas directement d’un fabricant ou d’un cabinet promettant des millions de machines. Environ 7 000 robots humanoïdes ont été vendus en 2025 pour des usages industriels et des services professionnels, selon les données compilées par l’International Federation of Robotics et examinées par Reuters avant leur publication.

Le nombre est simultanément historique et modeste. Il confirme qu’un marché commercial existe au-delà des vidéos de démonstration. Mais il reste une fraction minuscule de l’écosystème robotique : les ventes annuelles de robots industriels classiques et de robots de service se comptent en centaines de milliers. Surtout, beaucoup des humanoïdes achetés servent encore à la recherche, à la collecte de données ou au développement de modèles, pas à une production régulière.

Cette nuance change tout. Dire « 7 000 humanoïdes vendus » ne signifie pas que 7 000 ouvriers artificiels travaillent déjà huit heures par jour. Une université peut acheter une plateforme pour étudier la locomotion. Une entreprise peut placer trois robots dans un pilote, avec des ingénieurs constamment présents. Un centre de données robotiques peut acquérir des machines afin d’enregistrer des gestes. Chacune de ces opérations constitue une vente.

Le chiffre de l’IFR ouvre donc une nouvelle phase : celle de la mesure. Après les prototypes, les levées de fonds et les calendriers ambitieux, l’industrie devra distinguer les unités expédiées, les robots installés, les heures productives et les tâches réalisées sans intervention humaine.

À retenir. Les 7 000 ventes prouvent l’existence d’un marché émergent. Elles ne prouvent ni la rentabilité, ni l’autonomie générale, ni le remplacement massif de travailleurs.

D’où vient le chiffre de 7 000 ?

L’IFR rassemble depuis plusieurs décennies les statistiques mondiales de la robotique. Jusqu’ici, ses catégories les plus établies concernaient les robots industriels et les robots de service professionnels. L’organisation commence désormais à isoler les humanoïdes, signe que le segment devient suffisamment concret pour mériter une catégorie propre.

Reuters a publié les données le 21 septembre 2026. Elles portent sur l’année civile 2025 et concernent les ventes mondiales dans l’industrie et les services professionnels. Les robots de consommation, médicaux et militaires sont exclus. Cette date doit être distinguée de celle des transactions : le chiffre mesure les ventes de l’année précédente, pas les commandes passées en septembre 2026.

Susanne Bieller, secrétaire générale de l’IFR, souligne que les humanoïdes ne représentent encore qu’une « fraction » de la population mondiale de robots. La formule tempère les prévisions spectaculaires. Le marché existe, mais il se situe à un stade comparable à celui d’un équipement de développement plutôt qu’à une technologie déjà banalisée.

Environ 7 000 unités ont été vendues dans le monde en 2025, selon l’IFR. Le mot déterminant reste « vendues » : la statistique ne mesure pas encore l’utilité produite par chaque machine.

Une définition plus large que le robot bipède

Pour être classé comme humanoïde selon les critères rapportés, un robot doit présenter une apparence humaine et fonctionner de façon autonome dans un environnement conçu pour les humains. Les jambes ne sont pas obligatoires. Une machine avec un torse, deux bras et une base roulante peut donc entrer dans la catégorie.

Cette convention est rationnelle. Dans une usine ou un entrepôt au sol régulier, des roues économisent de l’énergie et réduisent le risque de chute. L’essentiel de la valeur peut résider dans la capacité à atteindre les mêmes postes, poignées et étagères qu’un humain. Mais cette définition complique les comparaisons avec les études qui réservent le terme humanoïde aux bipèdes complets.

Qui a réellement acheté ces machines ?

Une partie importante des acheteurs appartient au monde de la recherche. Universités, laboratoires privés et équipes d’intelligence artificielle ont besoin d’un corps standardisé pour entraîner leurs modèles. Le robot devient alors un instrument scientifique, comme un serveur ou un microscope, et non un salarié mécanique.

Chercheurs déballant et calibrant plusieurs robots humanoïdes dans un laboratoire universitaire
Reconstitution éditoriale originale générée par IA. Elle ne représente aucun acheteur ou fabricant précis.

Les entreprises constituent le deuxième groupe. Les constructeurs automobiles sont parmi les premiers à expérimenter les humanoïdes, car leurs usines associent tâches répétitives, volumes élevés et environnement relativement structuré. Les pilotes restent généralement petits : quelques machines, un poste préparé et un suivi rapproché.

Les fabricants eux-mêmes et les centres de collecte peuvent aussi acheter ou transférer des unités à des filiales. Sans détail sur la méthode comptable, il faut éviter de confondre ventes finales, démonstrateurs, contrats-cadres et unités facturées à des partenaires. L’IFR améliore la visibilité globale, mais les données publiques ne permettent pas encore un audit modèle par modèle.

Une vente peut correspondre à quatre réalités

Recherche académiqueCollecte de donnéesPilote industrielProduction régulière

Seule la dernière situation démontre directement une utilité économique répétée.

7 000 face au reste du marché robotique

Reuters rappelle qu’environ 542 000 robots industriels et 199 000 robots de service professionnels avaient été vendus en 2024. Les années de référence ne sont pas exactement identiques, mais l’ordre de grandeur est clair : l’humanoïde représente environ un pour cent du volume annuel des grandes catégories combinées.

Ce décalage ne signifie pas que le segment restera marginal. Les robots traditionnels répondent déjà à des tâches précises avec une grande fiabilité. L’humanoïde promet une polyvalence supérieure et l’utilisation d’infrastructures existantes. Cette promesse doit cependant compenser un coût, une complexité et une consommation énergétique plus élevés.

Un bras fixé au sol est généralement plus stable qu’un bipède. Un convoyeur transporte davantage de pièces qu’un robot portant une caisse. L’humanoïde devient rationnel lorsque l’environnement change souvent, que les volumes ne justifient pas une machine dédiée ou que la tâche exige plusieurs formes d’interaction humaine.

L’automobile, premier laboratoire industriel

Les constructeurs automobiles accueillent de nombreux essais publics. Ils disposent de lignes organisées, de services de sécurité et d’équipes capables d’intégrer un nouveau système. Les humanoïdes peuvent y déplacer des bacs, charger des composants ou effectuer des manipulations répétitives.

Deux robots humanoïdes manipulant une pièce légère dans une cellule pilote automobile supervisée
Reconstitution éditoriale originale générée par IA. Elle illustre un essai limité, pas une production de masse.

Le mot pilote reste essentiel. Un essai peut démontrer qu’un robot accomplit la tâche, sans prouver qu’il la réalise plus vite ou moins cher qu’une solution existante. La production exige une disponibilité élevée, des cycles répétés, une maintenance planifiable et une intégration avec les normes du site.

Pour passer de la vente à la valeur, les fabricants devront publier le taux d’intervention humaine, les heures de fonctionnement, les arrêts, le coût énergétique et le nombre de tâches réellement transférées. Les chiffres d’expédition seuls deviendront insuffisants à mesure que le marché mûrit.

La naissance statistique d’un marché

Années 2010Les humanoïdes restent majoritairement des plateformes de recherche et de démonstration.
2022–2024Nouvelle vague de start-up, progrès des actionneurs et des modèles multimodaux.
2025Environ 7 000 ventes industrielles et professionnelles recensées par l’IFR.
2026L’IFR commence à isoler le segment ; les pilotes automobiles se multiplient.
21 septembre 2026Reuters publie la première lecture mondiale des données.
Prochaine étapeMesurer les unités réellement actives, leur disponibilité et leur productivité.

Pourquoi la Chine pèse si lourd dans le décollage

La Chine est déjà le premier marché mondial des robots industriels et traite l’intelligence incarnée comme une priorité stratégique. Les collectivités financent des centres de données, les universités achètent des plateformes et les fabricants bénéficient d’une chaîne d’approvisionnement dense pour les moteurs, batteries et réducteurs.

Cette politique peut accélérer les volumes avant même que l’usage final soit parfaitement rentable. Des robots sont achetés pour entraîner des modèles, soutenir une filière ou préparer des démonstrations. Ces ventes sont réelles économiquement, mais leur origine publique ou expérimentale doit être distinguée d’une demande spontanée d’entreprises cherchant un retour immédiat.

Rangées de robots humanoïdes en caisses et en recharge dans un centre de développement
Reconstitution éditoriale originale générée par IA. Elle symbolise l’écart entre unités livrées et travail productif.

La concurrence chinoise contribue aussi à la baisse des prix. Des plateformes plus accessibles permettent à davantage d’équipes de commencer leurs recherches. En retour, la multiplication des fabricants peut produire une guerre des prix, des marges faibles et des entreprises dépendantes des commandes publiques.

La prévision de 90 000 unités dès 2026

Bank of America projette, selon Reuters, 90 000 expéditions en 2026 puis 1,2 million en 2030. Passer de 7 000 ventes à 90 000 en un an représenterait une multiplication proche de treize. Cette trajectoire n’est pas impossible dans un marché naissant, mais elle suppose un changement d’échelle industriel et commercial exceptionnel.

La prévision peut intégrer des robots moins coûteux destinés à l’éducation et au développement, ainsi que de grandes commandes chinoises. Elle ne doit pas être présentée comme un résultat de l’IFR. C’est une estimation financière indépendante dont les définitions peuvent différer.

Pour atteindre 1,2 million d’unités en 2030, les fabricants devront résoudre la production, la maintenance et les usages. Un marché ne peut pas reposer durablement sur des laboratoires achetant plusieurs générations de prototypes. Les entreprises utilisatrices devront commander des flottes parce qu’elles produisent une valeur mesurable.

Expédition, installation, autonomie : quatre compteurs nécessaires

Le premier compteur mesure les commandes signées. Le deuxième suit les unités expédiées et reconnues en chiffre d’affaires. Le troisième compte les machines installées et disponibles. Le quatrième, le plus exigeant, mesure les heures de travail productif sans assistance directe.

Une entreprise peut annoncer cent commandes et ne livrer que vingt robots. Parmi ceux-ci, quinze peuvent être installés et dix seulement fonctionner régulièrement. Sans cette chaîne, le public confond le potentiel commercial et l’impact réel.

Le tunnel de la réalité commerciale

CommandéExpédiéInstalléDisponibleProductif

Chaque étape réduit potentiellement le nombre d’unités réellement utiles.

Que signifie « autonome » dans la définition ?

L’autonomie n’est pas binaire. Un robot peut naviguer seul, recevoir une liste de tâches d’un opérateur et appeler un téléopérateur lorsqu’il rencontre un obstacle. Il reste autonome sur une partie du cycle, mais dépend d’un service humain pour les exceptions.

La téléopération peut être légitime pendant l’apprentissage. Elle devient problématique si elle est masquée dans une présentation commerciale. Les futures statistiques devront préciser le nombre de minutes d’assistance par heure et le type d’intervention : validation, reprise complète ou simple déblocage.

La définition de l’IFR établit un périmètre de marché ; elle ne certifie pas le niveau d’intelligence de chaque produit. Deux robots classés humanoïdes peuvent présenter des capacités très différentes. L’un suit des routines fixes, l’autre replanifie à partir d’une instruction naturelle.

Pourquoi les jambes ne déterminent pas la valeur

L’imaginaire humanoïde privilégie la marche. Pourtant, les jambes consomment de l’énergie et multiplient les risques. Dans un entrepôt plan, une base roulante est souvent plus efficace. Le torse humanoïde suffit pour utiliser une poignée, une table ou un outil conçu pour une personne.

Inclure les robots à roues permet de mesurer une famille fonctionnelle : des machines capables d’opérer dans un espace humain avec des bras et une perception générale. Cela évite de réserver le marché aux démonstrations bipèdes les plus spectaculaires.

La contrepartie est la nécessité d’indiquer la morphologie dans les statistiques. Un modèle sur roues à 15 000 dollars ne doit pas être comparé directement à un bipède industriel à 200 000 dollars. Volumes, prix moyen et capacité doivent être publiés ensemble.

Le prix moyen reste le grand inconnu

Sept mille unités ne permettent pas de calculer la valeur du marché sans prix. Les plateformes éducatives peuvent coûter quelques milliers ou dizaines de milliers de dollars. Les prototypes industriels intégrés, avec logiciels et maintenance, atteignent plusieurs centaines de milliers de dollars.

Les fabricants proposent aussi des abonnements, des services et des contrats pilotes. Le prix du matériel ne représente alors qu’une partie du revenu. Pour comparer les modèles, il faudra un coût total de possession : acquisition, intégration, supervision, énergie, pièces et mises à jour.

Le coût par heure utile sera plus révélateur que le prix catalogue. Un robot moins cher qui nécessite un opérateur permanent peut coûter davantage qu’une machine onéreuse mais disponible vingt heures par jour.

Les emplois : pas encore un raz-de-marée, déjà une transformation

À 7 000 unités mondiales, l’effet direct sur l’emploi reste limité. Les humanoïdes créent surtout aujourd’hui des postes d’ingénierie, d’intégration, de téléopération et de maintenance. Ils automatisent ponctuellement certaines tâches dans des pilotes.

La transformation deviendra significative lorsque des flottes travailleront avec un taux de disponibilité élevé. Les entreprises devront alors redessiner les postes, former les opérateurs et négocier la répartition des gains de productivité. Le débat social doit commencer avant les millions d’unités, sans prétendre qu’elles existent déjà.

Le risque immédiat est moins le remplacement massif que la pression à l’investissement : une entreprise peut craindre de prendre du retard et acheter un pilote sans cas d’usage clair. Une évaluation indépendante protège autant les salariés que les actionnaires.

Les cinq métriques à suivre désormais

Unités expédiées : mesure commerciale de base. Heures actives : distingue les robots utilisés des équipements immobilisés. Taux d’intervention : révèle la dépendance humaine. Disponibilité : mesure la fiabilité. Coût par tâche : indique la valeur économique.

À ces indicateurs s’ajoutent les incidents de sécurité et la diversité des tâches. Une flotte effectuant un seul mouvement dans une cellule protégée n’a pas la même portée qu’un robot changeant de mission au cours de la journée.

L’IFR fournit le premier étage. Les fabricants, clients et organismes de normalisation doivent construire les suivants. Le marché gagnera en crédibilité lorsqu’un chiffre de ventes sera accompagné d’un chiffre d’usage.

Trois scénarios pour 2030

Industrialisation rapide

Les modèles progressent, les prix baissent et les flottes se déploient dans l’automobile, la logistique et l’électronique. Les ventes approchent les prévisions les plus hautes.

Croissance concentrée dans la recherche

Les unités augmentent fortement, mais une grande partie sert encore à collecter des données. Le chiffre d’affaires progresse sans transformation équivalente des usines.

Consolidation après l’euphorie

Les pilotes déçoivent, plusieurs fabricants disparaissent et le marché se concentre autour de quelques tâches rentables. Le volume reste inférieur aux projections, mais les usages survivants deviennent plus solides.

Une autre variable sera la durée de vie. Une plateforme de recherche tolère des remplacements fréquents d’actionneurs, puisque sa mission est d’expérimenter. Une usine attend au contraire une maintenance prévisible, des pièces disponibles pendant plusieurs années et des mises à jour qui ne dégradent pas les gestes validés. Le financement initial peut masquer ces dépenses différées. Tant que les constructeurs ne publieront pas des données standardisées, les prix catalogue resteront difficiles à convertir en décisions d’investissement comparables. Le nombre d’unités vendues doit donc être lu comme le début d’une analyse économique, jamais comme sa conclusion.

FAQ

Combien de robots humanoïdes ont été vendus en 2025 ?

L’International Federation of Robotics estime à environ 7 000 les ventes mondiales destinées aux usages industriels et aux services professionnels.

Un humanoïde doit-il obligatoirement avoir des jambes ?

Non. Dans la définition utilisée par l’IFR, il doit avoir une apparence humaine et fonctionner de manière autonome dans un environnement conçu pour les humains. Une base roulante peut donc être admise.

Les 7 000 robots travaillent-ils réellement en usine ?

Non. Une part importante a été achetée par des laboratoires et des entreprises pour la recherche, les essais et l’entraînement de modèles. Une vente ne prouve pas une utilisation productive continue.

Quels robots sont exclus du chiffre ?

L’IFR exclut notamment de ce décompte les robots grand public, médicaux et militaires. Le périmètre porte sur l’industrie et les services professionnels.

Pourquoi ce chiffre est-il important ?

Il fournit l’une des premières mesures sectorielles comparables d’un marché jusqu’ici dominé par les annonces de fabricants et les prévisions financières.

Comment comparer 7 000 aux autres robots ?

Le volume reste minuscule face aux centaines de milliers de robots industriels classiques et de robots de service professionnels vendus chaque année.

La Chine domine-t-elle déjà le marché ?

La Chine joue un rôle majeur dans la production, les achats de recherche et le soutien public, mais les données détaillées par pays et par fabricant ne sont pas toutes publiques dans les informations examinées.

Les prévisions de 90 000 unités en 2026 sont-elles fiables ?

Il s’agit d’une projection de Bank of America citée par Reuters, pas d’une prévision de l’IFR ni d’une vente déjà réalisée. Elle implique une accélération extrêmement forte qui devra être vérifiée.

Conclusion : compter enfin, mais compter mieux

Les 7 000 humanoïdes vendus en 2025 marquent un tournant. Pour la première fois, une organisation sectorielle expérimentée propose un ordre de grandeur mondial. Le marché sort du domaine exclusif des promesses.

Le résultat invite cependant à la sobriété. La plupart des machines ne sont pas encore des travailleurs généralistes. Beaucoup servent à la recherche, aux données et aux pilotes. Le volume reste infime face aux robots classiques, et les prévisions de croissance supposent une accélération sans précédent.

La prochaine victoire ne sera pas seulement de vendre davantage. Elle sera de publier combien de robots fonctionnent, combien d’heures ils travaillent et combien d’interventions humaines ils demandent. Le marché humanoïde vient d’obtenir son compteur d’unités ; il lui manque encore son compteur d’utilité.

Appel à l’action. À chaque annonce de ventes, demandez : combien sont livrés, combien sont actifs, combien d’heures travaillent-ils et à quel coût par tâche ?

Sources et bibliographie

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