25 août 2026 · 16 min de lecture
Exosquelette salon Preventica : quels exposants, quels modèles, que retenir ?
Du textile lombaire au dispositif motorisé, le salon permet de comparer des philosophies très différentes. Voici comment préparer ses essais sans confondre démonstration spectaculaire et solution adaptée au travail réel.
Préventica Lyon ouvrira ses portes à Eurexpo du 6 au 8 octobre 2026. Parmi les 550 exposants annoncés, plusieurs acteurs des exosquelettes professionnels invitent les visiteurs à essayer leurs dispositifs. L’occasion est rare : ces équipements ne se choisissent ni sur une fiche technique, ni sur une promesse de réduction des troubles musculosquelettiques. Ils doivent être confrontés au geste réel, à la morphologie de l’utilisateur, au rythme de travail et aux contraintes du poste.
L’annuaire officiel permet déjà d’identifier un noyau d’exposants : HMT et Japet au stand J12, SKOR au stand J13a et ErgoSanté au stand Q06. Ergofrance, annoncé au stand R05, mentionne également les exosquelettes dans son offre ergonomique. Toutefois, entre la présence d’une marque et la disponibilité d’un modèle précis à l’essai, il existe une différence importante. Ce guide sépare donc les informations confirmées pour Lyon 2026 des produits appartenant au catalogue actuel ou déjà montrés lors d’éditions précédentes.
Pourquoi les exosquelettes seront un point fort du salon
Dans l’industrie, la logistique, le bâtiment, l’agriculture ou le soin, la question n’est plus seulement de savoir si un exosquelette peut produire une assistance. Il faut déterminer si cette assistance améliore durablement la situation de travail sans déplacer la contrainte vers une autre zone du corps, gêner les déplacements ou créer un nouveau risque.
Préventica est particulièrement utile pour cette comparaison car les solutions se trouvent dans un même environnement. On peut passer d’un dispositif textile de quelques centaines de grammes à un exosquelette passif plus structuré, puis à un système motorisé. Ces familles répondent à des besoins différents. Un soutien pour les bras levés ne résout pas une manutention depuis le sol ; une assistance lombaire peut devenir encombrante si l’opérateur doit monter dans un véhicule, se tourner souvent ou intervenir dans un espace étroit.
Les exposants confirmés et les modèles à surveiller
HMT et Japet — stand J12 : la gamme la plus transversale
HMT se présente comme fabricant et intégrateur d’exosquelettes de travail. Son site annonce explicitement sa présence à Préventica Lyon au stand J12. L’entreprise met actuellement en avant plusieurs solutions françaises : Plum’ pour les épaules et les bras, Moon pour la nuque et SoftSkin pour l’accompagnement dorso-lombaire. Plum’ est annoncé à 1,6 kg avec une mise en place en 45 secondes ; Moon à 250 g avec une installation en une dizaine de secondes. Ces chiffres sont des données fabricant, utiles pour préparer les questions mais à vérifier en essai.
Le rapprochement avec Japet élargit la lecture. Le Japet.W+ est un dispositif motorisé lombaire issu de la robotique médicale. HMT a également présenté lors de Préventica Bordeaux 2025 une gamme comprenant Plum’, Wave, Japet.W+ et Moon. Cela rend leur présence plausible à Lyon, mais seul l’exposant peut confirmer la liste exacte des modèles disponibles en octobre. Le stand J12 devrait néanmoins être l’un des meilleurs endroits pour comparer assistance passive, textile et motorisée.
SKOR — stand J13a : le choix de l’exosquelette textile
SKOR est confirmé au stand J13a. La fiche entreprise de Préventica présente le SKOR RS5, évolution d’un principe entièrement tricoté : une partie dorsale élastique relie les épaules aux membres inférieurs pour reprendre une partie de l’effort lombaire et accompagner les positions penchées. Le produit est annoncé comme fabriqué en France et breveté.
Cette approche mérite une attention particulière. Elle privilégie la légèreté, la discrétion et la liberté de mouvement plutôt qu’une structure rigide. En contrepartie, l’assistance ressentie peut être moins immédiatement spectaculaire. L’essai doit donc porter sur une tâche répétée, pas seulement sur un soulèvement unique. Vérifiez aussi le confort thermique, les zones de pression, la compatibilité avec les vêtements et la facilité d’entretien.
ErgoSanté et HAPO — stand Q06 : une famille passive sans batterie
ErgoSanté est annoncé au stand Q06 et indique proposer les exosquelettes HAPO. La marque décrit une gamme passive, non motorisée, utilisant des ressorts pour soutenir le dos, les épaules ou les bras. Le HAPO classique est documenté comme un dispositif de soutien à la flexion du tronc, pesant environ 1,1 kg dans une taille intermédiaire et pouvant être mis en place en moins d’une minute après réglage. Là encore, il s’agit de caractéristiques fabricant.
Le principal intérêt d’un stand HAPO est de tester plusieurs zones d’assistance avec une logique mécanique similaire. Demandez quel modèle correspond réellement à votre geste : flexion du tronc, travail bras en hauteur, manutention ou posture statique. Une solution passive ne nécessite pas de recharge et simplifie la maintenance, mais ses ressorts peuvent aussi opposer une résistance dans le mouvement inverse. Ce ressenti doit être évalué sur un cycle complet.
Ergofrance — stand R05 : une présence à interroger
La fiche exposant d’Ergofrance mentionne les exosquelettes parmi ses solutions ergonomiques. L’entreprise a déjà présenté par le passé le MATE de Comau, conçu pour assister les bras lors des travaux en hauteur. Aucun modèle précis n’est toutefois annoncé, à ce jour, pour Lyon 2026. Ce stand doit donc être considéré comme une piste complémentaire et non comme une confirmation de disponibilité du MATE.
Passif, textile ou motorisé : trois philosophies
Ressorts et éléments mécaniques
Il stocke et restitue de l’énergie sans batterie. Son assistance peut être nette, mais son encombrement, son poids et la résistance au mouvement inverse doivent être vérifiés.
Une aide discrète
Plus proche du vêtement, il vise la légèreté et l’acceptabilité. L’assistance est souvent progressive et doit être évaluée sur la durée.
Assistance pilotée
Des moteurs et capteurs permettent d’adapter l’effort. La puissance supplémentaire s’accompagne de questions sur la batterie, la maintenance et la sécurité.
Le geste avant le produit
La meilleure technologie sur le papier peut être inadaptée à un poste mêlant conduite, marche, rotation, accroupissement et manutention.
Ce qu’un visiteur doit réellement tester
Un essai pertinent commence par une description très précise du poste. Apportez si possible une courte vidéo du geste, les poids manipulés, les hauteurs de prise et de dépose, la fréquence, la durée d’exposition et les contraintes d’environnement. Sans ces données, le démonstrateur risque de reproduire une manutention générique qui ne ressemble pas à votre activité.
Demandez ensuite un réglage complet. Un exosquelette mal ajusté peut donner une impression négative injustifiée ou, inversement, masquer des pressions qui deviendront gênantes après vingt minutes. Effectuez plusieurs mouvements : marcher, tourner, se baisser, lever les bras, franchir une marche, s’asseoir et simuler une évacuation. Le dispositif doit aussi être compatible avec les EPI, harnais antichute, vêtements haute visibilité ou outils portés.
La bonne méthode après Préventica
Le retour du salon ne doit pas se traduire immédiatement par une commande. L’INRS recommande une démarche structurée et collective. Elle commence par l’analyse du besoin, associe opérateurs, préventeurs, service de prévention et de santé au travail, production, maintenance et représentants du personnel, puis se poursuit par une sélection et une expérimentation dans les conditions réelles.
1. Revenir au problème de travail
Un exosquelette est une mesure complémentaire, pas un substitut automatique à la suppression du risque à la source. Avant de l’adopter, vérifiez s’il est possible de réduire le poids, modifier la hauteur du plan de travail, mécaniser la manutention, réorganiser le flux ou diminuer la répétitivité. Si le problème peut être supprimé par la conception du poste, cette solution reste prioritaire.
2. Organiser un pilote suffisamment long
Le test doit inclure plusieurs utilisateurs représentatifs et couvrir les variations de production. L’INRS rapporte qu’une étude sur l’assistance des épaules a nécessité jusqu’à dix séances pour observer une familiarisation complète. Une impression de cinq minutes ne permet donc pas de juger la fluidité, l’attention requise, l’acceptabilité ni les effets résiduels.
3. Mesurer sans promettre
Définissez des critères avant l’essai : inconfort local, fatigue perçue, amplitude, temps de cycle, qualité, incidents, chaleur, temps d’habillage et compatibilité avec les autres équipements. Les mesures musculaires peuvent compléter l’observation, mais une baisse locale de sollicitation ne prouve pas une prévention globale des TMS. L’INRS rappelle que les contraintes peuvent être déplacées vers d’autres parties du corps.
4. Préparer le déploiement
Un dispositif retenu suppose une procédure : attribution ou partage, réglages nominatifs, nettoyage, inspection avant usage, stockage, recharge éventuelle, maintenance, conduite à tenir en cas de gêne et possibilité pour l’utilisateur de signaler un problème. Le volontariat, l’accompagnement et la réversibilité du choix contribuent fortement à l’acceptation.
Checklist de visite
- Filmez ou décrivez précisément le geste professionnel avant le salon.
- Réservez un créneau avec chaque exposant et confirmez le modèle disponible.
- Demandez un réglage à votre morphologie, pas une simple mise en place rapide.
- Testez le cycle complet, y compris marche, rotation, assise et retrait d’urgence.
- Interrogez l’exposant sur les contre-indications, la formation, l’hygiène et la maintenance.
- Demandez les résultats d’essais correspondant à votre tâche, pas uniquement des valeurs générales.
- Négociez un pilote en entreprise avant toute décision d’équipement.
FAQ
Quand aura lieu Préventica Lyon 2026 ?
Du 6 au 8 octobre 2026 à Eurexpo Lyon. L’organisation annonce 550 exposants, 180 conférences et 15 000 participants attendus.
Quels exposants d’exosquelettes sont confirmés ?
L’annuaire consulté confirme HMT et Japet au stand J12, SKOR au stand J13a et ErgoSanté au stand Q06. Ergofrance, stand R05, mentionne aussi les exosquelettes dans son offre. La liste peut encore évoluer.
Quels modèles pourra-t-on essayer ?
Les catalogues actuels permettent de surveiller Plum’, Moon, SoftSkin, Wave, Japet.W+, SKOR RS5 et la gamme HAPO. Mais la présence exacte de chacun à Lyon doit être confirmée auprès des exposants.
Un exosquelette prévient-il nécessairement les TMS ?
Non. Il peut réduire certaines contraintes musculaires locales dans certaines tâches, mais son efficacité dépend du poste. Il peut aussi déplacer des contraintes ou créer de nouveaux risques.
Un essai sur salon suffit-il pour acheter ?
Non. Le salon sert à comparer et présélectionner. La décision doit reposer sur une analyse ergonomique et un test prolongé en situation réelle.
Sources
- Préventica Lyon 2026 — dates et chiffres annoncés.
- Annuaire Préventica — HMT/Japet, stand J12.
- Annuaire Préventica — SKOR, stand J13a.
- Annuaire Préventica — ErgoSanté et Ergofrance.
- HMT France — gamme et présence annoncée à Lyon.
- Préventica, fiche SKOR — description du RS5.
- INRS — démarche d’intégration.
- INRS — risques et points de vigilance.